À l'heure où je vous parle, il y a encore une vingtaine de blessés en urgence relative et il y a surtout un grand traumatisme. C'est la raison pour laquelle, grâce à la municipalité, a été mise en place une cellule qui permet au niveau psychologique de venir en aide aux victimes et à tous ceux qui ont assisté à ce terrible accident.
Pour tout vous dire, j'étais ce matin sur le quai de la gare de Lyon pour inaugurer le nouveau TGV M dans une journée qui devait être une journée festive, puisqu'on attendait ces équipements ferroviaires depuis longtemps. Et pendant mon discours, j'ai appris cette triste nouvelle et j'ai souhaité, à la demande du Premier ministre et du président de la République, de me rendre immédiatement sur place. À la fois pour exprimer en premier lieu toutes mes condoléances aux familles qui sont concernées, échanger également avec les personnes qui ont été traumatisées par cet accident. Leur dire qu'avec les collègues du Gouvernement, avec le président et le Premier ministre, nous sommes à leur côté.
En tant que papa avec des enfants à bas âge et à l'heure où je vous parle, un enfant qui rentre d'une sortie scolaire en car, je ne peux qu'être à titre personnel également très touché par ce qui est arrivé.
Parce que nous savons qu'il s'agit d'un car exploité aujourd'hui par la Région, pas exclusivement pour du transport scolaire, mais avec de nombreux élèves à l'intérieur. Ils étaient une quinzaine et ont donc été les premières victimes de cet accident."
Près de 100 pompiers mobilisés
"Je voudrais également saluer Madame la procureure, qui s'est immédiatement saisie de l'affaire et a commencé à travailler. J'aimerais aussi remercier Monsieur le préfet, qui a immédiatement mobilisé les forces de police et les forces de gendarmerie sur ce territoire.
Les pompiers également : il y a pratiquement 100 sapeurs-pompiers qui sont déjà intervenus pour éviter que certaines urgences absolues ne se transforment en décès grâce à leur efficacité. Je pense aussi aux quatre hélicoptères qui ont été mobilisés.
La gendarmerie est intervenue à hauteur de plus de 70 agents, que je tiens à saluer. J'ai l'occasion de le dire : la réactivité de nos forces de sécurité dans notre pays est remarquable. Quand je vois qu'un certain nombre de personnes osent les décrier, voire les attaquer, c'est une honte, lorsque l'on connaît le travail qu'elles accomplissent pour notre sécurité et celle des Français."
Le plan Joana mis en avant par le ministre
"Sur cet accident, je n'ai pas d'éléments supplémentaires à vous communiquer à ce stade. Vous savez que le transport par car ou par bus est un mode de transport très prisé par nos concitoyens. Des millions de Français l'utilisent régulièrement, avec un niveau de sécurité qui reste très élevé.
Vous me direz : vous affirmez cela aujourd'hui alors qu'il y a un accident mortel. Je réponds simplement que, comme pour tous les autres modes de transport, ma priorité depuis près de deux ans en tant que ministre des Transports est de tout faire pour assurer la sécurité des voyageurs, particulièrement dans les transports scolaires.
J'ai malheureusement eu l'occasion de me rendre à Châteaudun il y a un peu plus d'un an et demi, après le drame qui avait coûté la vie à la jeune Joana. J'étais encore récemment avec ses parents, que je salue, car je sais que cet accident d'aujourd'hui va raviver de terribles souvenirs.
À la suite de ce drame, nous avons mis en place un certain nombre de procédures qui sont aujourd'hui effectives dans notre pays. De très nombreux contrôles sont réalisés sur les conducteurs, notamment concernant les stupéfiants et l'alcoolémie. C'était précisément l'un des enjeux soulevés par l'accident de la petite Joana à Châteaudun.
L'entreprise impliquée aujourd'hui a fait l'objet de 106 contrôles depuis 2024. J'ai profité de mon trajet en train pour me renseigner précisément sur cette société. Le conducteur, qui est certes un jeune chauffeur, a déjà été contrôlé à plusieurs reprises, notamment pour les stupéfiants, il y a encore trois semaines.
Vous voyez donc que tout ce que nous avons mis en place dans le cadre du plan Joana est effectif."
Un car en règle, selon les premières vérifications
"S'agissant du matériel, le car accidenté, et je parle sous le contrôle du président de la Région, avait passé avec succès l'ensemble des contrôles réglementaires. Il était en très bon état.
Nous travaillons également sur de nouvelles technologies qui permettront de renforcer encore la sécurité. Je pense notamment aux dispositifs destinés à détecter les situations où un conducteur pourrait être distrait, regarder son téléphone ou perdre son attention, afin d'éviter qu'un accident ne puisse se produire.
Effectivement, pour les victimes, pour les blessés eux-mêmes et pour tous ceux qui œuvrent dans les transports, nous vivons cela comme un échec. Mais nous ne renoncerons jamais à renforcer davantage la sécurité dans le transport par car ou par bus. C'est notre responsabilité et notre devoir pour éviter des drames comme celui que nous vivons aujourd'hui.
Nous sommes tous particulièrement touchés par ce qui s'est passé ce matin."
Le point sur l'enquête et les causes de l'accident
"Concernant les causes de l'accident, nous ne disposons pas à cette heure d'éléments suffisants. Je m'exprime sous le contrôle de Madame la procureure et des enquêteurs. Nous n'avons ni le recul nécessaire, ni suffisamment de témoignages pour expliquer ce qu'il s'est passé.
Le conducteur a lui-même été victime de l'accident. Il a fallu le désincarcérer. Il faudra donc attendre avant de pouvoir l'entendre et recueillir son témoignage, ainsi que celui des autres personnes présentes.
Mais, compte tenu des moyens engagés, de la qualité des enquêteurs et des compétences du parquet, je ne doute pas un instant que nous saurons rapidement ce qui s'est passé.
Nous devons cette vérité aux victimes, à leurs familles et à toutes les personnes qui montent chaque matin dans un car en pensant être en sécurité."
Tests négatifs pour le chauffeur
"Le conducteur n'était pas considéré comme étant en urgence absolue, mais en urgence relative. Il bénéficie actuellement de soins, tant sur le plan physique que psychologique. Il fait partie des personnes qui ont été désincarcérées.
Je n'ai pas personnellement entendu le chauffeur. Je viens d'arriver sur place. Je laisse les enquêteurs et Madame la procureure répondre à ces questions lorsque cela sera possible.
Je peux en revanche vous confirmer que ce conducteur avait été contrôlé dans le cadre du plan Joana, le 14 octobre, et que ce contrôle s'était révélé négatif. Il semblerait également que les premiers résultats réalisés après l'accident soient négatifs, mais je m'exprime là encore sous le contrôle de l'autorité judiciaire et des enquêteurs de la gendarmerie.
Désormais, les tests de dépistage des stupéfiants et les contrôles d'alcoolémie sont systématiques. Vous savez également que les éthylotests antidémarrage empêchent déjà un véhicule de démarrer en cas de contrôle positif à l'alcool.
Mon souhait est qu'à partir de la prochaine rentrée, des dispositifs équivalents puissent être mis en place pour dépister les stupéfiants. Nous souhaitons équiper les nouveaux autocars de ces systèmes "stupotests" afin qu'un véhicule ne puisse plus démarrer si le conducteur n'est pas négatif au dépistage.
Le car est très endommagé sur son côté gauche, notamment à l'avant, là où le choc avec l'arbre s'est produit. C'est une scène extrêmement choquante. Tous les intervenants présents sur place, qu'il s'agisse des forces de l'ordre ou des pompiers, ont été marqués par ce qu'ils ont découvert sur les lieux.
Il y avait exactement 49 personnes dans le bus impliqué dans cet accident."
►Société
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